NullPointerException

Blog d’un groupe crypto-terroriste individuel auto-radicalisé sur l’Internet digital

La révolution, c'est maintenant

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On doit vraiment être très très méchants pour mériter tout ça

Ça n’a échappé à personne. Internet est en danger. L’informatique est en danger. Nous sommes en danger. Les scandales s’enchaînent jour après jour. Manning & WikiLeaks. Snowden & PRISM. Plus proche de nous, Lustre, les accords « Openbar Microsoft » ou encore la LPM.

Nous ne serions plus à l’abris nul part. Nos conversations téléphoniques ou informatiques écoutées, enregistrées et disséquées dans d’immenses systèmes de traitement de données. Le simple fait d’être à trois sauts d’une personne « intéressante » suffit à être la cible des programmes de la NSA. Autant dire tout le monde. Ou presque. Même des personnalités comme la chancelière allemande Angela Merkel ou des entreprises comme Petrobras au Brésil ont été mises sur écoute. Quand ce n’est carrément pas votre matériel qui est détourné par le groupe TAO afin d’y placer des mouchards divers et variés.

Et le pire dans tout ça, c’est qu’on en redemande. Les « GAFA » (Google, Amazon, Facebook, Apple et les autres) ne se sont jamais aussi bien portés, avec un nombre d’utilisateurs toujours en hausse, malgré que ces entreprises soient notoirement connues pour collaborer avec la NSA. « Rien à cacher » vous dites ? Aujourd’hui peut-être. Mais demain ? Et vos opinions politiques ? Vos sextos avec votre petit ami ? Votre dernier bilan de santé ? Ou même la saveur de pizza que vous avez commandé hier ? Ou votre passion pour les chatons tout meugnons ? Au final, on a tous quelque chose à cacher. Ou tout du moins à protéger. Ne serait-ce que tout simplement notre vie privée.

Nos très chers politiques en rajoutent aussi, en participant directement ou indirectement aux programmes de la NSA. En leur mettant à disposition nos fibres optiques transatlantiques. En passant des accords secrets avec Microsoft pour notre ministère le plus sensible, la Défense, sans aucun appel d’offre ni mise en concurrence. Accords « Open Bar » renouvelé récemment, malgré de sérieuses critiques de tous bords, y compris en interne. Leurs lois sont de plus en plus liberticides, justifiées par des motivations sécuritaires. Les pédo-nazi-terroristes ont l’air d’être très nombreux sur Terre pour nécessiter la surveillance de 55 milliards de conversation téléphoniques par jour par la NSA ou la création de la loi pour la programmation militaire (LPM) en France, qui donne par son article 20 les pleins pouvoirs de surveillance à on ne sait pas trop qui, sans aucun organe de contrôle ni comptes à rendre à la justice. En plus, on ne doit pas savoir bien chercher, la NSA n’aurait arrété qu’une vingtaine d’individus « dangereux » via son programme PRISM. Et parmis ceux-là, combien aurait pu être arrétés uniquement par les moyens conventionnels d’enquête et de surveillance ?

Comme l’a si bien dit Benjamin Franklin, « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’un ni l’autre… Et finira par perdre les deux… ».

Révolution ?

Peut-être est-il temps pour « le monde » d’ouvrir un peu les yeux. De prendre conscience de notre addiction plus que profonde à dégueuler notre vie privée à n’importe quelle entreprise qui vous présente une jolie plaquette sur papier glacé. D’ailleurs, en avez-vous réellement encore une, de vie privée ? Google et Facebook semblent capablent de savoir mieux que vous-même ce dont vous avez envie, et connaissent vos désirs les plus profonds avant même que vous n’en soyez vous-même au courant.

Si on fait un peu d’anticipation, on pourrait très rapidement en arriver à commander nos pizzas comme ceci.

Il est temps de relever les manches, et de faire comprendre à tout ce système que « stop », ils ont franchis la ligne rouge !

Chiffrement, tout le temps, pour tout et surtout n’importe quoi

Le mal étant déjà bien présent, on va commencer par se protéger. On a tous appris depuis tout petit qu’il faut sortir couvert. Internet n’échappe pas à la règle.

Utilisez du chiffrement dès que c’est possible. Courriels, discussions en ligne, appels téléphoniques ou SMS, disques durs, surf sur Internet, échanges monnétaires… Tout doit y passer. Ainsi, vos données seront relativement à l’abris, lisibles que par votre correspondant et non pas par la moitié de la planète.

Si vous ne savez pas encore mettre tout ça en place et vous en servir correctement, viendez à des chiffro-fêtes, il y en a d’organisées régulièrement. On vous y expliquera comment faire, avec tout plein de datalove au passage. La prochaine se tient à Numa (Paris), le 22 février 2014.

Au revoir les nuages, retour à la maison !

Changeons aussi nos habitudes. Arrêtons de confier nos données à n’importe qui et reprenons-en le contrôle. L’auto-hébergement n’est pas si coûteux et complexe que ça et vous trouverez sans problème des chatons des Internet pour vous filer un coup de patte pour vous aider à monter tout ça. Adieu GMail, Facebook, Twitter, Skype, Google Doc. Bienvenue à Roundcube, Jabber, GNU/Social et Jitsi.

Évitez d’utiliser des services « cloud » ou « as a service », qui vous dépossèdent du contrôle de vos données via des conditions d’utilisation de plusieurs pages, police taille 6, compréhensibles uniquement par un juriste sur-diplômé… Utilisez uniquement des choses dont vous pouvez avoir confiance, c’est-à-dire dont l’intégralité de la chaîne peut vous être connue. Google ou Facebook pourraient très bien ne pas respecter leurs propres CGU vis-à-vis de vos données personnelles que vous n’auriez aucun moyen d’en être informé. Ce n’est pas le cas si vos données dorment gentillement au coin du feu à 5m de vous.

Libérons le numérique

Après la partie défensive, la partie offensive !

La situation actuelle n’a que peu de chance d’évoluer par elle-même vers quelque chose de meilleure. Les GAFA et autres n’ont aucune envie de perdre leur fond de commerce (vous !). Les politiques ne veulent pas s’occuper de choses qu’ils maîtrisent au lieu de s’occuper de choses qu’ils ne maîtrisent pas (et qui de toute façon n’est pas vraiment maîtrisable, d’autant plus à un niveau national…). Il faut agir au niveau politique et social pour faire bouger les murs.

Il faut mettre en avant le logiciel libre, et se sevrer rapidement du logiciel privateur. Sans logiciel libre, nous remettons notre vie entre les mains d’entreprises qui vont prendre le contrôle de vos machines, alors que vous devriez pouvoir les contrôler. Microsoft ou Google sont aujourd’hui les vrais maîtres du monde, avec un gros bouton rouge sous les doigts qui ne demande qu’à être presser pour réduire à néant une bonne partie de l’informatique actuelle. Nous devons reprendre le contrôle.

L’April est actuellement en campagne pour recruter de nouveaux adhérents et permettre de faire bouger les choses au niveau législatif, que ça soit pour sevrer l’Éducation Nationale du logiciel privateur (généralement enseigné et imposé dans les écoles) ou pour dénoncer des accords du type « Open-bar Microsoft » qui met toute notre administration et notre défense nationale aux mains d’une entreprise privée américaine (en plus de coûter des millions aux contribuables, qui partent à l’étranger via de l’optimivasion fiscale).

Priorité au Logiciel Libre! Je soutiens l'April.

Vous pouvez aussi soutenir la Quadrature du Net, qui combat les accords dangeureux pour nos libertés individuelles (ACTA, SOPA, PIPA, LPM…) et défend des principes vertueux comme la neutralité du Net.

Enfin, contactez vos députés, sénateurs, maires et candidats divers et variés aux prochaines élections, pour leur demander d’arrêter de creuser notre tombe numérique chaque jour un peu plus !

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